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12-12-2019 23:48

Opvoeden met wijnetiket

Twee jonge Franse wijnhandelaren zijn van plan wijnliefhebbers beter op te voeden over wat er in de fles zit. Ze hebben een uitdagend en niet onomstreden etiket ontworpen dat in feite alle relevante informatie over de flesinhoud geeft. ‘Praat je met consumenten over wijn, dan zijn ze niet in staat ons te vertellen wat ze hebben gedronken of welke wijn ze als top beschouwen’. De bestaande wijn-info vinden de handelaren van Corbie onvoldoende. Vitisphère meldt:

 

 

« Quand nous parlons de vin à des consommateurs, ils ne sont pas capables de nous dire quel vin ils ont bu ou aimé. Pour pallier à ce problème, il faut les éduquer autrement qu’avec des cours (peu accessibles), des livres (finissant sur l’étagère), des boxes (mis en cave) ou des applis (utilisées une ou deux fois) » explique Gustave Bignon de la Maison Corbie.

 

Se basant sur leur lecture du marché, deux jeunes négociants proposent une bouteille de vin résolument innovante, à moins qu’elle ne soit maladroitement impertinente.

 

Tout juste commercialisée, cette étiquette du négoce Corbie peut autant diviser qu’inspirer. Côté pile, un massif rond rouge effronté, cerclant un dégustateur qui n’est pas sans rappeler une version masculine du pictogramme d’interdiction de la consommation de vin aux femmes enceintes. Côté face, un livret pédagogique fermé par électricité statique qui est doublé d’un questionnaire connecté pour s’essayer à la dégustation d’un vin et confronter son ressenti à celui d’experts. Déclinées en trois vins de cépage (malbec en appellation Cahors, gamay en AOC Beaujolais-Villages et cabernet sauvignon en Pays d’Oc IGP), les bouteilles du négoce Corbie ne manquent pas d’ambition dans leur volonté d’être iconoclastes.

 

L’idée étant celle d’un « nouveau produit pour plaire à une cible difficile » clament ses fondateurs, Gustave Bignon et François Delaporte. Appuyés par la famille du premier (Bignon-Cordier, châteaux Talbot et Sénéjac dans le Médoc, domaine Saint-Andrieu en Provence), les deux jeunes négociants réussissent leur pari iconoclaste : interpeller le consommateur comme le professionnel du vin. Quitte à les faire tiquer avec un logo épuré rappelant le sujet sensible du pictogramme femme enceinte. Tandis que l’ouverture de l’étiquette sur un livret chargé de texte résout moins qu’il ne détaille la difficulté de présenter pédagogiquement la dégustation du vin.

 

"Proactif"

« Notre étiquette n’est pas une référence au logo femme enceinte, mais se veut un panneau donnant les codes de la dégustation. Le livret donne toutes les infos de base sur les vins. Nous avons augmenté la surface d’information. Notre but est de rendre le consommateur proactif » précise Gustave Bignon. Les deux négociants partent de l’idée que les jeunes consommateurs se désintéressent du vin faute de connaissance et de confiance face à des bouteilles ne leur parlant pas. Pour y répondre, ils font le pari de « vins facilement déchiffrables » avec « une méthode efficace pour comprendre ses goûts » avec une contre-étiquette , qui reprend les étapes d’une dégustation sensorielle : carte d’origine, nuancier de couleur, vocabulaire des arômes, questions à choix multiples sur l’attaque, les tanins, les arômes, la longueur… Et un QR Code pour confronter son ressenti à celui d’experts.